Exercice “confinement” : la multisensorialité

par | 20/04/2020

Céline Butin

Exercice spécial confinement : la multisensorialité

En cette période de confinement, l’Institute of Neurocognitivism, expert dans la compréhension des comportements, vous propose de découvrir comment, concrètement, mobiliser votre Intelligence Adaptative et retrouver un mieux-être.

Outils et exercices issus de l’Approche Neurocognitive et Comportementale pendant le confinement

Dans une série de courtes vidéos, dont celle-ci est la première, nous vous inviterons à pratiquer quelques outils et exercices qui permettent d’adopter un état d’esprit ouvert, curieux, souple, nuancé, distancié, logique, assertif…

Ces outils et exercices sont issus de l’Approche Neurocognitive et Comportementale (ANC), fruit de plus de 30 ans de recherches interdisciplinaires menées par le Dr Jacques Fradin et ses équipes en psychologie, neurosciences, sciences cognitives et comportementales.

Changer les habitudes, s’adapter à un nouvel environnement génère souvent de la rigidité (« je ne comprends pas », « je ne me vois pas rester chez moi pendant des semaines »). Aussi surprenant que cela paraisse, notre cerveau n’aime pas le changement : il aime fonctionner en mode « basse consommation d’énergie » alors que le changement l’amène à changer de vitesse. Donc très souvent, il nous plonge dans l’anxiété, la colère ou la déprime. Pour nous faire réagir… mais est-ce toujours la meilleure façon ?

Au travers des outils ANC que nous vous proposerons, nous allons vous aider à prendre du recul, de la hauteur, et à faire la « bascule » mentale nécessaire pour agir au lieu de réagir, pour trouver des moments de mieux-être, voire même d’humour. En d’autres termes, il s’agit de vous redonner de l’énergie positive, si nécessaire durant cette période.

1er exercice spécial “confinement” : la « symphonie sensorielle » ou « multisensorialité ».

Expert ANC en Qualité de Vie au Travail et Directeur des Opérations de l’Institut of Neurocognitivism, Christophe Padiou anime, dans cette première vidéo, un exercice qui fait appel à notre curiosité.

Nous avons, en cette période de confinement, la chance d’être beaucoup moins confrontés au bruit des automobiles, camions ou motos. Aussi pourrons-nous profiter certainement de sons plus harmonieux : le vent dans les arbres, le chant des oiseaux ou même votre musique préférée et le rire de vos enfants … C’est sur ces éléments que va se baser ce premier exercice, qui vous permettra d’expérimenter une forme de relaxation un peu particulière que l’ANC nomme « symphonie sensorielle » ou « multisensorialité ».

Description de ce 1er exercice présenté Christophe Padiou.

Pour cela, commencez par mesurer votre « météo intérieure ».

Mesurez-la sur une échelle de 1 à 10 : 1 correspond au vrai calme intérieur, à la sérénité ; 10 correspond à une grande anxiété, une déprime importante, un profond agacement/énervement, une très forte tension ou colère intérieure.

Une fois que vous l’avez fait, vous pouvez ouvrir vos fenêtres afin d’entendre les sons de l’extérieur et/ou mettre en musique de fond (à bas volume) un CD que vous appréciez.

Puis prenez le temps de vous asseoir posément dans votre fauteuil, ou sur une chaise confortable, et fermez les yeux. En effet, le sens de la vue capte la majeure partie de notre attention. Alors, pour réaliser cet exercice qui nécessite de solliciter notre sens de l’ouïe, il est préférable de fermer les yeux afin de « déconnecter » et de s’ouvrir aux sensations sonores.

Vous allez commencer par écouter les sons les plus proches de vous, dans une attitude d’accueil et de curiosité. Ensuite laissez votre oreille capter les bruits de plus en plus lointains : ceux provenant des pièces ou étages voisins, ceux venant de dehors. Les voix, le chant des oiseaux, le bruit d’une voiture (et oui, il en circule encore !)… Essayez d’écouter tous ces sons à la fois, sans zapper de l’un à l’autre. Un peu comme si vous écoutiez une symphonie contemporaine, composée pour deux voix d’enfants, un aspirateur, trois oiseaux, un moteur…

Tous ces bruits sont autant d’instruments que vous intégrez dans cette symphonie sensorielle. Si certaines pensées vous viennent à l’esprit, laissez-les le traverser sans vous y attacher ou tenter de les faire disparaître. Elles partiront comme elles sont venues.

Vous y arrivez ? Alors, dans ce cas, vous pouvez tenter d’ajouter des sensations physiques aux sensations sonores. Tout en continuant à écouter les bruits proches et lointains, commencez à sentir les vos points d’appui contre le dossier et l’assisse de votre fauteuil ou de votre chaise. Ensuite, intégrez la sensation de vos vêtements sur votre peau, le poids de vos lunettes sur le nez, etc. Pour terminer l’exercice, respirez profondément deux ou trois fois puis ouvrez doucement les yeux et remuez progressivement vos membres.

Maintenant, mesurez à nouveau votre météo intérieure : est-elle toujours la même ? A-t-elle baissé ? Comment vous sentez-vous ?

Si cet exercice a eu un effet bénéfique pour vous, il peut être réalisé sur des temps très courts et avec des musiques que vous aimez… et avec vos enfants : vous verrez qu’ils seront très curieux d’essayer et qu’ils apprécieront.

Vous l’aurez constaté, cet exercice nous fait comprendre que tout est relatif : le silence apparent peut être rempli d’une multitude de petits bruits, et nous pouvons nous surprendre à apprécier un son perçu initialement comme désagréable. Il développe notre sens de la nuance, nous permet prendre de la hauteur et de gagner un peu en sérénité. Pourquoi ? Parce qu’il met nos automatismes en « surchauffe » : nous n’avons pas l’habitude de prendre en compte autant de sensations différentes. Cela force notre cerveau à faire appel aux capacités d’adaptation du cortex préfrontal et à prendre du recul sur nos émotions comme sur nos pensées, parfois persistantes et rigides.

Nous espérons que ce premier exercice a eu un effet bénéfique pour vous et vous donnons rendez-vous prochainement pour une nouvelle vidéo avec un exercice différent.

Pour aller plus loin :